LA MORTALITÉ MATERNELLE AUTREFOIS : UNE ETUDE COMPARÉE (DE LA FRANCE DE L'OUEST A L'UTAH)
par J.-P. BARDET, K.-A. LYNCH,
G.-P. MINEAU, M. HAINSWORTH, M. SKOLNICK
E.H.E.S.S./University of Utah x
« Gargantua, en son eage de quatre cens quatre vingtz quarante et quatre ans, engendra son filz Pantagruel de sa femme, nommée Badebec, fille du roy des Amau- rotes en Utopie, laquelle mourut du mal d'enfant : car il estoit si merveilleusement grand et si lourd qu'il ne peut venir à lumière sans ainsi suffocquer sa mère. »
Rabelais, Pantagruel, chap. 2.
« 5/ l'on considère qu'une femme mariée accouche 7 à 8 fois d'un enfant vivant ou mort, cela signifie qu'une femme mariée sur dix environ meurt en mettant au monde un enfant. »
J. Gelis, M. Laget, M.-F. Morel, Entrer dans la vie, Paris, 1978, p. 95.
Mourir en donnant la vie ? Les accouchements de jadis souvent dangereux, parfois tragiques, suscitent une large investigation à la fois culturelle et démographique. L'histoire médicale de la naissance 2 et
1. Cet article a pu être mené à bien grâce à l'aide financière de la « Nih Research Grants C.A. 16573 and HD 10267 », à celle de l'E.H.E.S.S. et à celle du L.I.S.H. 2. On retiendra pour la France les travaux de J. Gelis, Annales de Démographie Historique 1977, 1980, Annales E.S.C. 1977, Ethnologie française 1976.





















